Un mot,
pour lequel j’ai bien voulu te perdre :
le mot
jamais.

Il y avait,
de temps en temps tu le savais aussi,
il y avait
une liberté.
Nous nagions.

Sais-tu encore, que je chantais ?
Avec l’arbre-aux-lueurs, le gouvernail.
Nous nagions.

Sais-tu encore, que tu nageais ?
Ouvert tu étais devant moi,
tu étais, étais
devant moi,
devant l’a-
vancée de mon âme.
Je nageais pour nous deux. Je ne nageais pas.
L’arbre-aux-lueurs nageait.

Nageait-il ? Il y avait
une mare autour. Il y avait l’étang sans fin.
Noir et sans fin, suspendu,
suspendu, en aval du monde.

Sais-tu encore, que je chantais ?

Cette —
ô cette dérive.

Jamais. Aval du monde. Je ne chantais pas. Ouvert
tu étais devant moi, devant
l’âme en voyage.

  1. arborescences a publié ce billet