Les immondices que la déesse Tlazoteotl avale et excrète continuellement dans les représentations aztèques la polluaient et la purifiaient à la fois, ses matières fécales émergeant sous la forme d’une fleur, un glyphe du Mexique central symbolisant la sensualité (féminine) et, par extension, l’accouchement dont la déesse était la protectrice. Les déjections humaines que les Aztèques collectaient pour fertiliser leurs champs se décomposaient en humus ou tlazollalli (“immondices de la terre”) qu’ils croyaient généré par les entrailles de la déesse dans la terre souterraine des morts, un lieu indicible qui, ironiquement, donnait naissance au maïs vital. Son nom est construit avec la racine tlazolli, signifiant non seulement la saleté mais également le vice et la maladie. En effet, sur leur lit de mort, les aztèques confessaient à la déesse leurs écarts sexuels, des histoires honteuses qu’elle avalait voracement sous la forme d’excréments. Le mot aztèque pour honte signifie littéralement “être couvert d’excréments”. Toutefois, les aztèques appelaient également l’or “excrément divin” ou “excrément du soleil”. Dans un paradoxe similaire, l’alchimie affirmait, et la psychologie confirme, que l’or de la transformation “se trouve dans l’immondice”, à savoir dans les aspects mêmes de la substance de l’être que l’ego tend à rejeter comme inférieurs.
Coll. in art. “Excrément” du Livre des Symboles - réflexion sur des images archétypales, ed. Taschen, 2010-11
3 notes